Degermendji Bekir
- Statut
- Libéré(e)
- Genre
- Homme
- Détention
- Libéré(e)
Arrestation : Le 23 novembre 2017, les forces de l'ordre en Crimée occupée ont arrêté Bekir Degermendji, 65 ans, avec trois autres Tatars de Crimée : Asan Chapukh, Ruslan Trubach et Kyazim Ametov. Ils ont été accusés d'extorsion, prétendument pour avoir demandé de l'argent à un citoyen turc, Yusuf Aytan. Les détenus ont expliqué qu'ils demandaient seulement le retour de l'argent volé à Vedzhie Kashka, une vétérane du mouvement national tatar de Crimée. Vedzhie Kashka, 83 ans, témoin de l'arrestation, a vu sa santé se détériorer sur place et est décédée dans l'ambulance.
Sentence : En avril 2019, un tribunal d'occupation a condamné Bekir Degermendji à une peine de 3 ans avec sursis. Après avoir purgé sa peine, il a été libéré.

Biographie
Arrestation : Le 23 novembre 2017, les forces de l'ordre en Crimée occupée ont arrêté Bekir Degermendji, 65 ans, avec trois autres Tatars de Crimée : Asan Chapukh, Ruslan Trubach et Kyazim Ametov. Ils ont été accusés d'extorsion, prétendument pour avoir demandé de l'argent à un citoyen turc, Yusuf Aytan. Les détenus ont expliqué qu'ils demandaient seulement le retour de l'argent volé à Vedzhie Kashka, une vétérane du mouvement national tatar de Crimée. Vedzhie Kashka, 83 ans, témoin de l'arrestation, a vu sa santé se détériorer sur place et est décédée dans l'ambulance.
Sentence : En avril 2019, un tribunal d'occupation a condamné Bekir Degermendji à une peine de 3 ans avec sursis. Après avoir purgé sa peine, il a été libéré.
Bekir Degermendji est né en 1952. Son enfance s'est déroulée en déportation, comme toute la génération des Tatars de Crimée de son époque. Pendant ses années scolaires, il s'intéressait à l'équitation et lisait beaucoup. Il n'a pas poursuivi d'études supérieures, car il devait travailler pour aider sa grande famille, qui comptait cinq autres enfants en plus de lui. Il a rencontré sa femme Aliye en 1988. Après leur retour en Crimée, la famille a acquis un terrain dans le village de Grouchivka, où il n'y avait ni routes ni gaz, et a construit une maison de ses propres mains. Trouver un emploi était difficile pour les Tatars de Crimée dans les premières années après leur retour : les Degermendji cultivaient des légumes sous serre et vendaient sur le marché. Plus tard, Bekir a travaillé comme chauffeur, puis a ouvert un petit hôtel à Sudak, où toute la famille travaillait en été.
Bekir Degermendji a toujours été un participant actif du mouvement national tatar de Crimée et s'efforçait de ne manquer aucun événement. Il a participé à la manifestation du 26 février 2014 devant le bâtiment du Conseil suprême de Crimée, où les Tatars de Crimée tentaient d'empêcher un vote illégal sur l'annexion à la Russie.
Dans la famille Degermendji, Bekir n'a pas été le seul à souffrir des occupants : son fils Mustafa a été arrêté en mai 2015, accusé de « troubles de masse » lors de la même manifestation du 26 février 2014 (« affaire du 26 février »). Mustafa a passé près de deux ans en détention avant d'être assigné à résidence. Ainsi, les autorités d'occupation ont poursuivi simultanément le père et le fils de la même famille.
Durant sa détention, la santé de Bekir Degermendji s'est fortement détériorée. En décembre 2017, il a été transféré de l'unité de soins intensifs au service de pneumologie. Sa femme Aliye a signalé qu'il était allongé dans le couloir derrière un paravent, faute de place en pneumologie, sous la garde de trois agents. Les défenseurs des droits humains ont considéré l'affaire de Bekir comme exemplaire : un aîné d'une famille tatar de Crimée avec une double persécution du père et du fils — un exemple typique des répressions d'occupation.
Informations utilisées provenant de sources ouvertes : Centre de ressources des Tatars de Crimée, Radio Svoboda (Crimée.Réalités), Suspilne Crimée, CrimSOS, Den, Pravda Ukrainienne, Union Helsinki pour les droits de l'homme.
Photo : Centre d'investigation journalistique.
Date de mise à jour : 03.07.2026.